Vendredi 15 octobre 2010
Une nouvelle génération de chefs
à l’Opéra de Paris

Le vent du talent et du renouveau souffle sur la Saison 2010-2011 de l’Opéra de Paris. Sous l’impulsion artistique de Philippe Jordan, lui-même nommé Directeur musical par Nicolas Joel, c’est une nouvelle génération de chefs d’orchestre qui débute cette saison au Palais Garnier et à l’Opéra Bastille. Formés par les plus grands chefs actuels dont ils assureront demain la relève, forts d’un répertoire déjà vaste et d’une expérience des plus grandes scènes internationales, Vasily Petrenko, Constantin Trinks, Dan Ettinger, Tomas Netopil et Pascal Rophé partent à l’assaut de Tchaïkovski, Smetana, Mozart, Janacek et Mantovani. Portrait d’une génération déjà montée très haut.

 

C’est à Saint-Pétersbourg, dans la plus ancienne école de musique de Russie que Vasily Petrenko a fait ses premières armes, avant d’intégrer le Conservatoire où il a bénéficié de l’enseignement d’Ilya Musin, prestigieux pédagogue qui avait formé avant lui Valery Gergiev et Semyon Bychkov, et participé aux master class de Mariss Jansons, Yuri Temirkanov et Esa-Pekka Salonen. De 1994 à 1997, il est en résidence à l’Opéra de Saint-Pétersbourg où il fait ses débuts de chef. Lauréat du prix Chostakovitch en 2003, il devient en 2005, à l’âge de 29 ans, le plus jeune chef principal de l’histoire du Royal Liverpool Philharmonic (ville dont il est par ailleurs un fervent supporteur footballistique). Très présent sur la scène symphonique internationale, il dirige les plus grands orchestres de la planète, notamment le London Symphony Orchestra, le Russia National Orchestra, le NHK Symphony de Tokyo et fait ses débuts américains avec les orchestres de Los Angeles, San Francisco, Boston, Atlanta, Dallas et Saint-Louis. Côté opéra, il a récemment dirigé Boris Godounov à l’Opéra royal des Pays-Bas, La Dame de Pique au Staatsoper de Hambourg, vient de faire ses débuts au Festival de Glyndebourne dans Macbeth. Il dirigera Carmen à l’Opéra de Zurich. La presse salue la gestique si dynamique et si sûre de ce jeune chef, qui offre au public des interprétations magistrales du répertoire, et tout particulièrement du répertoire russe. Des qualités qu’il a récemment pu montrer au public parisien, qui l’a découvert à l’affiche d’Eugène Onéguine. Dans la mise en scène de Willy Decker, au milieu des vastes plaines du décor de Wolfgang Gussmann, sa direction ample et large a su faire éclore le théâtre contenu dans la musique de Tchaïkovski.
Eugène Onéguine | Opéra Bastille – du 17 septembre au 11 octobre 2010

 

Après avoir étudié dans sa jeunesse le piano et le cor, et chanté dans le Kammerchor de Stuttgart, Constantin Trinks se forme à la direction d'orchestre à l'Académie nationale de musique de Karlsruhe. Il devient l’assistant personnel de Kazushi Ono au Badisches Staatstheater de Karlsruhe sur de nombreuses productions d'opéra, puis de Thomas Hengelbrock (qui lui transmet sa passion pour l’interprétation historique des musiques anciennes) et de Christian Thielemann sur sa production de Tannhäuser au Festival de Bayreuth en 2004. Il a récemment dirigé Don Giovanni au Komische Oper de Berlin et au Nouveau Théâtre National de Tokyo. Depuis 2006, il est Directeur musical du Staatstheater de Darmstadt où il a dirigé de très nombreux opéras, dont Aida, Le Chevalier à la rose, Parsifal, Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg et Salomé. En décembre, c’est dans La Fiancée vendue de Smetana, le chef-d’œuvre national tchèque du bonheur et de la joie de vivre, qu’il fera ses débuts au Palais Garnier.
La Fiancée vendue | Palais Garnier – du 4 au 27 décembre 2010

 

A 35 ans, Tomas Netopil, qui mène une impressionnante carrière internationale, peut se targuer d’être moins connu dans sa République tchèque natale que dans le reste du monde. Après avoir étudié le violon et la direction orchestrale en République tchèque puis au Royal College of Music de Stockholm, il remporte le prix Sir Georg Solti de l'Alte Oper de Francfort. Il fait ses débuts symphoniques avec de nombreux et prestigieux orchestres : l'Orchestre de la Suisse Romande, l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, le BBC Philharmonic Orchestra, le Sydney Symphony et le Royal Philharmonic de Flandres. En 2006, le Festival de Salzbourg fête les 250 ans de Mozart en présentant les l’intégralité des 22 opéras du compositeur. L’attention du public est retenue par le Lucio Silla de ce jeune chef à la direction enflammée, qui parvient à hisser cette partition de jeunesse à la hauteur des œuvres de la maturité. Dès lors, le talent de Tomas Netopil éclate sur la scène internationale. A l’opéra, il a notamment dirigé Doktor Faust de Ferrucio Busoni au Bayerische Staatsoper de Munich, Les Noces de Figaro au Palau de la Musica de Valence, au Sächsische Staatsoper de Dresde et au Teatro Carlo Felice de Gênes, Fidelio au Teatro San Carlo de Naples et L’Enlèvement au Sérail au Teatro Regio de Turin. En mars prochain, il plongera dans la course vers l’abîme de Katia Kabanova, opéra de Leos Janacek qui compte assurément parmi les plus profonds du XXème siècle.
Katia Kabanova | Palais Garnier - du 8 mars au 5 avril 2011

 

C’est à un spécialiste de la musique contemporaine qu’ont été confiées les destinées d’Akhmatova, la création mondiale de Bruno Mantovani pour l’Opéra national de Paris. Au sortir du Conservatoire, Pascal Rophé a eu la chance d’apprendre la direction musicale aux côtés de maîtres tels que Pierre Boulez ou David Robertson, au sein de l’Ensemble Intercontemporain qu’il dirige régulièrement. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus fins connaisseurs de sa génération du répertoire du XXème siècle. Parmi ses compositeurs de prédilection comptent Luigi Dallapiccola, Henri Dutilleux, Luciano Berio, Pascal Dusapin et Marco Stroppa. A l’opéra, il a dirigé Le Vaisseau Fantôme avec l'Orchestre National d'Ile de France, Héloïse et Abélard d'Ahmed Essyad au Châtelet, Dialogues des Carmélites au Festival de Printemps de Budapest et la création de Médée de Michèle Reverdy à l’Opéra National de Lyon. Il collabore régulièrement avec l’Orchestre National de France, l'Orchestre de la BBC à Londres, l'Orchestre Philharmonique de Liège, l’Orchestre de la Rai de Turin et l'Orchestre Philharmonique du Luxembourg.
Akhmatova | Opéra Bastille – du 28 mars au 13 avril 2011

 

Lors de la reprise des Noces de Figaro en mai prochain, Philippe Jordan cèdera sa baguette à Dan Ettinger pour diriger la légendaire production de Giorgio Strehler. Diplômé de la Thelma Yellin High School, c’est comme chanteur baryton que ce jeune chef surdoué a commencé sa carrière. Il se produit au New Israeli Opera, enseigne à la Rubin Academy of Music à Jérusalem et à la Tel Aviv University, avant de se destiner à la direction musicale. Dès lors, son ascension est fulgurante. En 1999, il est nommé chef en résidence au New Israeli Opera. En 2002, il devient chef principal invité de l'Orchestre symphonique de Jérusalem. En 2003, Daniel Barenboim l’invite à rejoindre le Staatsoper Unter den Linden de Berlin, où il dirige entre autres L’Elixir d’amour, Aida et Madame Butterfly. En 2005, c’est au tour de Placido Domingo de l’inviter à l'Opéra de Los Angeles, où il fait ses débuts américains en dirigeant Aida. Il est actuellement directeur musical et chef principal de l'Orchestre Symphonique d'Israël, directeur musical et chef principal au Mannheim Nationaltheater et chef désigné de l’Orchestre Philharmonique de Tokyo. La presse unanime a célébré la sensibilité de ce jeune chef qui sait si bien montrer la fragilité des chefs-d’œuvre qu’il dirige : une sensibilité qui devrait faire merveille lors de cette folle journée pleine de gaieté et de mélancolie que sont Les Noces de Figaro.
Les Noces de Figaro (2ème série) | Opéra Bastille - du 13 mai au 7 juin 2011

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