©Patrick Tourneboeuf/OnP
Samedi 3 mai 2014
Soirée Musique et Danse
le 11 mai au Palais Garnier
Les salons musicaux célèbrent les noces de la musique et de la danse avec cette soirée exceptionnelle réunissant le Quatuor Monticelli, Manu Delago, des musiciens de l’Orchestre et des danseurs et chorégraphes du Ballet de l’Opéra. Au programme, des pièces de Debussy, Chostakovitch, Bartók, Ravel et Delago chorégraphiées par Bruno Bouché*, Béatrice Martel** et Jérémie Bélingard...

Cette soirée "Musique et Danse" est une invitations des musiciens de l'Orchestre à partager la scène avec des chorégraphes et danseurs du Ballet de l'Opéra sur un programme musical qu'ils ont eux-même construit et imaginé.  Bruno Bouché, chorégraphe de Yourodivy, Béatrice Martel, chorégraphe de Correspondances, et Manu Delago***, compositeur,  évoquent leur création...

Yourodivy


Création chorégraphique de
Bruno Bouché

« Dans ses très controversées “Mémoires de Chostakovith“  Solomon Volkov dévoile la personnalité complexe de Chostakovitch et le double jeu qu’il menait, prisonnier d’un rôle que Staline lui avait imposé en le désignant compositeur “officiel “ du peuple soviétique, tiraillé entre les compromissions politiques et la volonté de poursuivre malgré tout son œuvre, porteuse d’un message nécessairement masqué. Volkov réhabilita pour l’occasion le terme russe de yourodivy. Personnage de la mystique chrétienne russe, le youridivy possède le don de voir et d’entendre ce qui est caché aux autres. Il révèle ses visions au monde sous une forme volontairement paradoxale et codée. Il se fait passer pour idiot, tout en étant en réalité un dénonciateur assidu du mal et de l’injustice. ». D’après « Dimitri Chostakovitch » de Bertrand Dermoncourt (Acte sud/Classica)

« L’astre noir scintille dans le miroir. Tout va. La vérité nous est obscure. L’Homme vient au monde. La nacre est mortelle. Suzanne attendra les vieillards » De Venise , la vie,  extraits, Ossip Mandelstam traduction François Kérel, Poésie/Gallimard

 « J’ai entendu ces musiques, leur angoisse et l’oppression qu’elle exprime, avec l’envie surtout de dire quelque chose de cet empêchement toujours à l’œuvre du côté obscure de nos désirs les plus profonds. » Bruno Bouché

 

Correspondances


Création chorégraphique de Béatrcie Martel

A Corps et à Cordes
Elle danse elle fuit
Ses demons , ombres de gris
Que ce billet lui accorde
De trouver le chemin de sa vie

                        Béatrice Martel



sECRET CORRIDOR

(création)

Le Palais Garnier à Paris est un édifice stupéfiant, avec une magnifique façade et une salle éblouissante, mais aussi un nombre infini d’arrière-salles, d’escaliers et de corridors semblables à des labyrinthes, généralement invisibles pour les spectateurs. Quelques semaines seulement après avoir rencontré le Quatuor Monticelli et avoir décidé d’un programme de concert pour hang et quatuor à cordes, j’ai accompagné mes petits frères au cinéma pour voir Les Schtroumpfs 2 et j’ai découvert à ma grande surprise que certaines scènes se déroulaient dans des sous-sols imaginaires de l’Opéra Garnier. Bien que tout n’ait pas vraiment été tourné dans le véritable bâtiment, ces images ont stimulé mon imagination sur l’Opéra Garnier. Lors de ma première visite, par un calme après-midi, je me suis assis dans la salle, seul pendant plus de deux heures, en m’imprégnant simplement de l’atmosphère et de l’histoire du lieu. J’étais très heureux de composer une oeuvre qui serait jouée là pour la première fois et décidais bientôt d’utiliser non seulement cet instrument du XXIe siècle qu’est le hang, mais également des dynamiques électroniques. J’ai eu la chance de pouvoir embarquer dans l’aventure mon ami et fantastique producteur Matt Robertson qui a créé des sons et des rythmes qui s’accordent parfaitement avec l’acoustique du hang et du quatuor à cordes. J’ai continué d’imprimer ma marque personnelle d’inversion des rôles, en faisant commencer la pièce par le quatuor à cordes jouant des cymbales antiques, un instrument habituellement utilisé par des percussionnistes, souvent avec un archet même si la technique de jeu est plutôt élémentaire. Dans un sens la pièce génère un certain émerveillement autour de l’Opéra Garnier, avec l’éclat et la gloire, mais aussi un certain nombre de zones d’ombres où il est facile de se perdre.


Manu Delago




* « Sujet » du Ballet de l’Opéra national de Paris, Bruno Bouché est souvent invité à danser à travers l’Europe, les Etats-Unis et le Japon. Depuis 1999, il est également directeur artistique d’ Incidence Chorégraphique qui produit les créations chorégraphiques des danseurs du ballet de l’Opéra de Paris, régulièrement représentées en France et à l’étranger. Bruno Bouché est aussi chorégraphe : il signe ses premières chorégraphies pour l’Opéra national de Paris en 2013 sur la scène de l’Opéra Garnier dans le cadre de la soirée « Percussions et Danse » : SOI-Ătman , solo pour Aurélia Bellet, création musicale de Sebastien Escobar et Music for Pieces of Wood (Steve Reich.)


** Après avoir passé plus de dix ans comme danseuse dans le Ballet de l’Opéra, Béatrice Martel devient en 2011 répétitrice sur le ballet « la petite danseuse de Degas » pour le tableau final les blanchisseuses, puis pour Paquita et Dessins pour six à l’ecole de danse de l’Opéra avant d’être nommée assistante maitre de ballet pour le ballet de l’Opéra de Paris par Brigitte Lefèvre. Béatrice Martel est depuis 2004 chorégraphe et a notamment créé un duo Figure Libre qui sera en 2009  programmé au spectacle « jeunes danseurs » sur la scène de Garnier.


*** Manu Delago, percussionniste, joueur de hang est aussi compositeur. Nombre de ses compositions comme If you really right, ont ete jouees dans plusieurs salles de concert prestigieuses. Il fonde en 2006 un duo hang et clarinette basse, ≪Living Room≫. Il forme le trio ≪Manu Delago Handmade≫. Il  joue en soliste avec le London Symphony Orchestra et collabore avec des artistes comme Bjork, Shpongle, Bugge Wesseltoft, Cinematic Orchestra’s Stuart, McCallum et Anoushka Shankar.




le HANG

Le hang est un instrument de musique acoustique de la famille des idiophones, inventé par Felix Rohner et Sabina Schärer à Berne en Suisse en 2000. Le hang est un volume lenticulaire creux composé de deux coupelles métalliques embouties. La partie haute de l’instrument s’appelle le « Ding », elle est constituée d’une note fondamentale et de 7 ou 8 notes l’entourant. La partie basse, « Gu » est une surface lisse dotée d’un trou en son centre. Le nom « hang » signifie main en dialecte bernois. Cette création est inspirée de nombreux instruments de percussion venant de différents pays et cultures musicales.

 

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