Vendredi 17 mai 2013
Ring en esquisses
Opéra-Université

Depuis 1995, le programme Opéra-Université accueille des étudiants pour les sensibiliser à l'opéra et les initier au processus de création d'une production. cette saison, les élèves de l'école Duperré sont partis à la découverte du Ring. ils livrent leurs impressions avant l'exposition consacrée à leurs travaux du 1er au 30 juin à l'Opéra Bastille.

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Photos : projets scénographiques réalisés par des étudiants en BTS Design d'Espace à l'ESAA Duperré à l'occasion du Festival Wagner :
Pauline Phan et Steven Passaro, maquette de la scénographie de
La Walkyrie.
Mathilde Morant, maquette de la scénographie de
La Walkyrie.
Maya Ichikawa, maquette de la scénographie de
Siegfried (la forêt et la caverne).



Le bicentenaire de la naissance de Richard Wagner et la reprise intégrale du Ring cette saison à l’Opéra de Paris constituent le fondement du projet monté entre l’École supérieure des Arts Appliqués Duperré et l’Opéra national de Paris, via le programme Opéra-Université. Les étudiants en design d’espace ont été invités à réfléchir à une scénographie originale du Ring en s’appuyant sur les sources littéraires, la Légende des Nibelungen et le livret de Richard Wagner. À la faveur des répétitions scéniques qui leur étaient accessibles, ils ont pu découvrir la conception scénographique de Günter Krämer, metteur en scène de cette production, et s’initier ainsi à la complexité de l’oeuvre de Wagner. Leurs travaux, croquis exécutés lors des répétitions et photographies de leurs projets scénographiques, seront exposés en juin 2013, à l’occasion du Festival Wagner, dans les parties publiques de l’Opéra Bastille. Ils ont été réalisés dans le cadre d’un workshop de scénographie, encadré par Nolwenn Nicolas et Denis Bulot, leurs professeurs d’atelier de conception. En prélude à l’exposition, la parole est donnée aux étudiants :


Qu'est-ce-qui vous a le plus touché dans la Légende des Nibelungen ?

Sans le savoir, nous connaissions déjà cette légende. Elle est pleine de références que l’on retrouve dans La Belle au bois dormant, L’Iliade,Excalibur ou Le Seigneur des anneaux. En effet, la grande concision du texte offre libre cours à l’imaginaire ce qui permet un support d’inspiration à nos grandes histoires. Ce qui nous a le plus surpris, c’est l’incroyable filiation qui lie tous ces personnages. Et, malgré cette famille agrandie, ils agissent seuls, sans attachement durable. Seules les femmes restent fidèles à leur premier amour, même après la mort. Mais elles ne sont pas restreintes à un rôle d’épouse naïve et romantique ! Provocatrices, courageuses et engagées, elles témoignent d’autant de bravoure que les hommes, ce qui mène souvent à des conflits. Autre source de tension : l’appel de l’or. Le trésor de Fafner le dragon révèle la cupidité des hommes et les amène à tuer leurs alliés. Cette troublante avidité nous montre des caractères sans grande personnalité, inconstants et imprévisibles. De fait, les événements progressent vite et avec violence. Mais, en dépit de la présence du merveilleux (dragons, dieux, métamorphoses et autres périples de l’ordre du merveilleux), le monde des Nibelungen n’est pas manichéen : chacun possède sa part d’ombre et de lumière.


Quels moments du Ring, mis en scène par Günter Krämer, vous a particulièrement intéressés ?

Nous avons été sensibles au parti pris de Günter Krämer de ne s’attacher à aucun univers et de surprendre à chaque tableau. Nous retenons notamment, les mains redoutablement sensuelles du prélude de L’Or du Rhin, les costumes des filles du Rhin ainsi que la révolte populaire des géants et ses papiers rouges qui tombent dans la salle. L’élément qui nous a surtout marqués est l’escalier. Présent à plusieurs reprises, il est animé par des jeux de lumières spectaculaires.


Comment envisagez-vous le travail de scénographie d'opéra après cette expérience ?

Le travail de scénographe d’opéra se définit pour nous par la nécessité d’une grande diversité d’enjeux spatiaux. Il s’agit de définir avec précision chaque lieu, chaque personnage, chaque partie pour leur donner une identité propre. Connaître, jouer avec les codes de l’opéra, voire les détourner, semblent nécessaire car c’est un univers riche qui permet une diversité impressionnante. Malgré l’aspect codifié de l’opéra, il est avant tout intemporel et peut s’adapter à toutes les époques. Le métier de scénographe d’opéra peut nous sembler intimidant car ce sont des oeuvres qui ont une musique, un passé et des interprétations antérieures. Comment alors s’approprier une oeuvre tout en la respectant ?



 

Nathalie Guilbaud, Nolwen Nicolas et Denis Bulot


Exposition Un Ring en images
L'école Duperré à l'Opéra Bastille (parties publiques)
Du 1er au 30 juin (accessible au public les soirs de représentation)


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