Vendredi 17 mai 2013
Nijinski, Le Sacre du printemps... Une histoire
Amphithéâtre Bastille

Le Sacre du printemps (créé en 1913), troisième pièce de Nijinski composée sur la musique de Stravinsky - dont la première au Théâtre des Champs Élysées fit scandale, érigeant la pièce en véritable mythe dès sa création - est considéré comme une œuvre majeure de l'histoire de la modernité, pour la danse comme pour la musique... La conférence Nijinski, Le Sacre du printemps... Une histoire, donnée à l'Amphithéâtre Bastille du 23 au 25 mai, reviendra sur l'histoire du "Sacre" et son chorégraphe avec deux spécialistes du sujet : le journaliste Christian Dumais-Lvowski et la chorégraphe Dominique Brun...

 

Nijinski n'a laissé aucune partition chorégraphique du «Sacre» et il n'existe aucun film d'époque à même de nous restituer, à travers des images animées, ce que serait cette danse composée par Nijinski. L'œuvre demeure un mystère...


Il en reste des archives partielles telles que des témoignages écrits et oraux de personnes ayant vu le spectacle, des annotations réalisées sur la partition, ainsi qu'une iconographie disparate, composée de quelques photographies, de pastels et de dessins de presse... Autant de précieux indices qui, s'ils ne lèvent pas le voile sur le mystère du « Sacre », suggèrent l'œuvre, en donnent une esquisse, tout en entretenant son mythe...


À partir de l'interprétation de ces sources, les chorégraphes et chercheurs Millicent Hodson et Kenneth Archer ont proposé, en 1987, avec le Joffrey Ballet, une reconstitution possible du Sacre du printemps. En 2008, à la demande du réalisateur Jan Kounen, qui souhaitait intégrer quelques extraits du «Sacre» à son film de fiction Coco Chanel & Igor Stravinsky, Dominique Brun entreprend de recréer à son tour quelques séquences de la chorégraphie de Nijinski...


Issu d'une famille de danseurs polonais, Vaslav Nijinski entre à l'École impériale de danse du théâtre Mariinski à Saint-Pétersbourg et devient célèbre avant même d'être diplômé et engagé par la troupe en 1907. Adulé du public occidental, il crée les œuvres les plus célèbres de Michel Fokine (premier chorégraphe des Ballets russes) et marque à jamais ces rôles en investissant chaque personnage avec une justesse et une plénitude qui émerveillent le public. Il entre dans la légende à une époque où la danse masculine est peu appréciée en Europe occidentale. Il conjugue la perfection technique à un pouvoir de séduction et de transfiguration scénique stupéfiant qui fait de lui une véritable idole de la danse, à la grâce inégalée.


Chorégraphe, ses œuvres scandalisent (L'Après-midi d'un faune, Le Sacre du printemps) ou déconcertent (Jeux). Écartant toute virtuosité, il sculpte les corps dans une gestuelle inédite et totalement originale, dont seuls quelques artistes (Rodin, Cocteau, entre autres) apprécient la valeur artistique et la puissance d'expression.


Ce génie de la danse sombre pourtant dans la folie et passe les trente dernières années de sa vie d'asile en asile. Il est interné pour la première fois en 1919. Dans ses « Cahiers », composés d'écrits antérieurs à son internement, que le journaliste Christian Dumais-Lvowski publie en 1995 (Son « Journal », paru des les années 1950, avait en réalité été censuré par son épouse Romola), on peut lire l'incohérence de ses propos, prélude à la maladie qui ne le quittera plus. Il meurt à Londres en 1950, emportant avec lui une grande partie du secret de son insaisissable "Sacre"...



Au cours de la conférence Nijinski, Le Sacre du printemps... Une histoire, donnée à l'Amphithéâtre Bastille du 23 au 25 mai, Christian Dumais-Lvowski évoquera le travail de traduction et de publication intégrale de ces « Cahiers » qui livrent à un large public la parole entière et insécable que Nijinski, artiste et homme, a voulu laisser à l'humanité. Dominique Brun, chorégraphe, évoquera la chorégraphie du Sacre du printemps de 1913, oeuvre emblématique de la modernité en danse. Elle témoignera de la manière dont elle a restitué des extraits du « Sacre » au regard des documents d'archives qui nous restent et questionnera les liens qu'elle a tissés entre le « Sacre » et L'Après-midi d'un faune, première oeuvre chorégraphique de Nijinski. La conférence sera accompagnée de projections de documents d'archives (films, dessins de Valentine Hugo) et de fragments dansés du « Sacre ».

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