Jeudi 28 mars 2013
La belle Maguelonne
Amphithéâtre Bastille - 16 et 17 avril

Marthe Keller et le baryton Roman Trekel  nous conteront l’histoire de la belle Maguelonne, le conte de Tieck mis en musique par Brahms...

 

Brahms ne fut pas voyageur. Jusqu’à ses vingt ans, il ne quitta guère son Nord natal, Hambourg et ses canaux, la mer que l’on devine au bout de l’Elbe. Sa carrière de pianiste le fit tourner en Allemagne, mais les horizons lointains n’étaient pas pour lui. La seule grande aventure (et sans retour) de la vie de Brahms fut de quitter ce Nord, que chaque note de sa musique exprime et rappelle, pour le plus grand Sud imaginable en terre germanophone, Vienne. C’est là qu’en 1862, avant ses trente ans, il décida de vivre et où il resta jusqu’à sa mort, à la fin du siècle. Les quinze romances de La Belle Maguelonne furent composées lors de cet exil désiré : les six premières à Hambourg, les suivantes à Vienne. Elles montrent sans doute le visage le plus rayonnant du compositeur, une force brute, une énergie infatigable, une grandeur naïve qui ne firent plus que se voiler au fil des ans. Contrairement aux grands cycles de Schubert et de Schumann, dont les lieder s’enchaînent organiquement, La Belle Maguelonne, où la prose alterne avec la poésie, fut conçue par Brahms dans le cadre de ce rituel de la lecture, au sein duquel vient s’insérer le chant. Marthe Keller récitera le texte de Tieck en allemand et le public pourra suivre le texte dans le programme ou au fil du surtitrage.

 

Christophe Ghristi

Retrouvez cet article dans En Scène !

Le journal de l'Opéra national de Paris

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