Mercredi 18 juin 2014
L’Opéra de Paris
Une histoire sonore
Un coffret de 10 disques retraçant 60 ans de création de l’Opéra national de Paris !
Depuis plus de trois siècles, l’Opéra de Paris est au coeur de l’histoire de la musique. Rameau, Gluck, Meyerbeer, Gounod, Verdi, Massenet, Wagner, Saint-Saëns, Fauré, Milhaud, Poulenc : les plus grands compositeurs y ont travaillé, y ont fait créer leurs oeuvres ou les ont eux-mêmes interprétées... Pour cela ils s’appuyaient sur un des meilleurs orchestres au monde et sur une troupe de chanteurs légendaire, représentante d’un style unique. C’est ce foisonnement artistique qui revit ici, du début du siècle, à l’aube de l’enregistrement, jusqu’au milieu des années 1960.

Une odyssée plutôt !

Voici évoquée en dix disques forcément lacunaires une traversée de ce que fut l’Opéra de Paris entre l’avant Première Guerre mondiale et les années d’après la Seconde. En soixante ans, la maison avait finalement été assez stable, le règne de Jacques Rouché s’étendant de 1914 à 1945. Avec lui, l’Opéra était entré de plain-pied dans le XXe siècle sans oublier ce qui était son héritage. Une partie du répertoire s’y était maintenue, connaissant bien sûr des fortunes diverses : Wagner omniprésent, Verdi un peu moins, Meyerbeer payant cher sa gloire passée, Gounod et Massenet indétrônables, et la musique ancienne progressivement redécouverte. La création était alors prépondérante et beaucoup d’ouvrages revivent ici, de Reyer à Février, de Dupont à Laparra, mais aussi d’Enescu à Milhaud et d’Honegger à Poulenc. L’Opéra de Paris pouvait aussi s’enorgueillir de ses forces vives, de son orchestre que dirigeaient Richard Strauss, André Messager, Inghelbrecht, Désormière, Rosenthal ou Dervaux, et d’une troupe de chanteurs incomparable. Là encore, la frustration est grande : presque aucune trace de Lucienne Bréval, rien de l’Elektra ou de l’Ariane (Strauss ou Dukas) de Germaine Lubin, pour ne citer que quelques regrets. Mais tant de merveilles ont été enregistrées et nous sont miraculeusement parvenues : Caron et Litvinne, Muratore, Renaud, Delmas, Lassalle, Delna, Vanni-Marcoux, Endrèze et tant d’autres.

La génération d’après-guerre est mieux documentée et c’est l’ensemble si divers formé par Renée Doria, Geori Boué, Suzanne Sarroca, Régine Crespin, Denise Duval, Denise Scharley, José Luccioni, Gabriel Bacquier, Robert Massard, Ernest Blanc qui revit ici. Divines surprises : voici aussi retrouvées les légendaires Indes Galantes de la RTLN ou les tempêtes d’Obéron soulevées par André Cluytens, Rita Gorr dans la Sphynge d’OEdipe ou Jacqueline Brumaire dans Hélène de Saint-Saëns. Il en faudrait bien 130, mais ces 13 heures de musique nous en disent déjà beaucoup sur l’histoire musicale toujours intense, fabuleusement vivante de l’Opéra de Paris.
Christophe Ghristi
Directeur de la Dramaturgie à l’Opéra national de Paris


Co-production Opéra national de Paris - Malibran
Christophe Ghristi, José Pons, Carlo Ciabrini Comité éditorial
Carlo Ciabrini Reports
Floriana Quincey Recherches archives sonores

L’essentiel des enregistrements provient de la collection de GUY DUMAZERT

En vente dès maintenant dans les boutiques de l’Opéra national de Paris (Palais Garnier, Opéra Bastille et boutique en ligne) au prix de 39 €, et
prochainement dans les autres points de ventes habituels.

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