Jeudi 12 mai 2011
Hommage à Jane Rhodes

La créatrice historique du rôle de Carmen au Palais Garnier vient de nous quitter : Jane Rhodes s’est éteinte le 7 mai dernier à l’âge de 82 ans.


Née en 1929 à Paris, Jane Rhodes suit les cours d’art dramatique de la rue Blanche avant d’entrer en classe de chant au Conservatoire. En 1953, elle fait ses débuts de soliste dans La Damnation de Faust à l’Opéra de Nantes. L’année suivante, elle crée le rôle de Renata (L’Ange de feu de Prokofiev) à l’Opéra-Comique, qu’elle enregistre sous la direction de Charles Bruck en 1957. Cette prestation lui vaudra d'être remarquée puis engagée dans la troupe de l'Opéra de Paris.

 

En 1959, Carmen est donné pour la première fois sur la scène du Palais Garnier : une production historique mise en scène par le cinéaste Raymond Rouleau. Au pupitre, un jeune chef de vingt-deux ans, Roberto Benzi, que Jane Rhodes épousera en 1966. Sous le regard du Général de Gaulle qui assiste à la représentation, elle compose une gitane ensorcelante qui la propulse sur la scène internationale : de Paris à New York, de Tokyo à Buenos Aires, on célèbre tout à la fois la rondeur de son timbre, son engagement dramatique et sa très grande beauté.

 

Elle reste néanmoins très attachée à l’Opéra de Paris où elle interprète Tosca et Salomé (voir les photographies ci-contre), qu’elle reprendra au Festival d’Aix-en-Provence, ainsi que la Princesse Eboli de Don Carlos, La Damnation de Faust, Concepcion de L'Heure espagnole et La Voix humaine de Francis Poulenc. En 1961, elle chante Le Couronnement de Poppée à Aix-en-Provence. L’année suivante, elle débute au Metropolitan Opera avec Salomé et chante le rôle-titre du film The Drama of Carmen, devant les caméras de la CBS et sous la direction de Leonard Bernstein. Elle compte également à son répertoire les principaux rôles des opérettes d’Offenbach : La Belle Hélène, La Grande Duchesse de Gérolstein, La Périchole et Métella de La Vie parisienne. A la fin des années 70, elle se retire peu à peu des scènes d’opéra pour se consacrer au récital, excellant dans le répertoire des mélodies françaises de Debussy, de Fauré ou encore de Duparc. Elle aura consacré ses dernières années à transmettre passionnément son art.

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