Mardi 6 décembre 2011
Exposition / La Belle époque de Massenet
du 14 décembre 2011 au 13 mai 2012 au Palais Garnier

A l'occasion du centenaire du décès de Jules Massenet, la Bibliothèque nationale de France et l'Opéra national de Paris organisent une exposition dans les espaces de la Bibliothèque-Musée de l'Opéra sur le compositeur-phare de la Belle époque.

Après de brillantes études musicales, Jules Massenet (1842-1912) remporte le Premier Grand Prix de Rome en 1863. Soutenu par l’influent compositeur Ambroise Thomas, qui a été son professeur au Conservatoire, il donne deux ouvrages lyriques à l’Opéra Comique : La Grand’Tante, en 1867, et Don César de Bazan, en 1872. Toutefois, c’est son premier éditeur et l’un de ses plus fidèles soutiens, Georges Hartmann, qui lui ouvre les portes d’une carrière théâtrale en faisant créer à ses frais, en 1873, au Théâtre de l’Odéon, son « drame sacré » Marie-Magdeleine. L’œuvre est un triomphe et lui permet de donner Le Roi de Lahore à l’Opéra de Paris en 1877. Élu à l’Académie des Beaux-Arts en 1878 à la suite de ce succès, Massenet domine jusqu’à sa mort la scène lyrique française.

En dépit d’un parcours brillant qui le mène aux plus hautes fonctions et aux plus hautes distinctions, l’homme reste une énigme. En effet, Massenet peut apparaître comme un personnage mondain et superficiel, comme un homme à femmes, comme un compositeur officiel aimant par dessus tout le succès et les honneurs. Et pourtant, derrière cette image que ses ennemis ont diffusée à l’envi, Massenet se révèle être un homme torturé qui déteste son prénom, un solitaire en proie à la mélancolie, un anxieux qui n’ose pas assister aux premières de ses œuvres, un homme nerveux et superstitieux qui évite soigneusement de donner le chiffre 13 à l’un des feuillets de ses manuscrits, un travailleur impénitent rivé dès le réveil à sa table de travail, un bon père de famille qui ne quitte que contraint et forcé son foyer pour se rendre à quelque fête officielle…

Au travers d’une centaine de pièces - tableaux, dessins, maquettes de décors et de costumes, partitions, photographies, costumes, documents d’archives - provenant des collections de la Bibliothèque nationale de France, de l’Opéra national de Paris, du Centre national du costume de scène de Moulins, mais aussi de l’Opéra de Saint-Étienne, du musée d’Orsay, de la Mutuelle nationale des artistes de Pont-aux-Dames et de la Villa Médicis, l’Opéra national de Paris et la Bibliothèque nationale de France s’associent pour célébrer le centenaire de la mort de celui qui a réussi au théâtre une synthèse unique des arts et de la musique. En effet, bien loin de se cantonner à son seul rôle de compositeur, il s’intéresse à tout, contrôle tout et impose sa vision picturale et scénographique aux directeurs de théâtre, aux décorateurs et aux metteurs en scène. Pour la création d’Esclarmonde à l’Opéra-Comique, en 1889, il fait non seulement dessiner l’affiche du spectacle par l’un des plus grands illustrateurs de son temps, Eugène Grasset, mais il demande aussi à cet artiste de doter d’un frontispice somptueux et de concevoir une partie des décors. Si Esclarmonde révèle donc un homme visionnaire dans son approche de la scène, d’autres grands succès jalonnent la carrière du compositeur : Manon et Werther, mais aussi Le Cid, Thaïs, Grisélidis, Cendrillon, Le Jongleur de Notre-Dame, Chérubin… Les œuvres de Massenet sont représentées sur les scènes lyriques du monde entier et le compositeur y incarne l’élégance et la sensualité françaises, d’autant qu’il aime à mettre en valeur le talent des plus belles cantatrices de son temps : Sibyl Sanderson, Rose Caron, Lucienne Bréval, Marie Heilbronn ou Lucy Arbell. Autorité musicale, professeur recherché et aimé, Massenet a pour élève Alfred Bruneau, Gustave Charpentier, Ernest Chausson, George Enescu, Reynaldo Hahn ou Gabriel Pierné. Même Claude Debussy, qui n’a pas été de ceux-là, ne cache pas son admiration pour le compositeur.

MATHIAS AUCLAIR ET CHRISTOPHE GHRISTI

 

LA BELLE EPOQUE DE MASSENET
BIBLIOTHÈQUE-MUSÉE DE L’OPÉRA
PALAIS GARNIER
DU 14 DÉCEMBRE 2011 AU 13 MAI 2012
TOUS LES JOURS, DE 10H À 17H

Commissariat
Mathias Auclair, Conservateur en chef à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, Christophe Ghristi, Directeur de la Dramaturgie à l’Opéra national de Paris, Elizabeth Giuliani, Directeur du Département de la Musique de la BnF, et Pierre Vidal, Directeur de la Bibliothèque-Musée de l’Opéra.


L’exposition est accompagnée par la publication d’un livre aux Editions Gourcuff-Gradenigo sous la direction de Mathias Auclair et Christophe Ghristi.

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