Michael Blake et Mantombi Matotiyana ©Vincent Pontet
Vendredi 18 octobre 2013
Cinq compositeurs d'Afrique du Sud
Concert à l'Amphithéâtre le 19 octobre
Entre le Festival d'Automne à Paris et l'Afrique du Sud, les affinités électives ne datent pas d'hier. Dès 1972, le festival inscrit comme l'un de ses principes fondateurs de faire connaître les cultures extra-européennes. Alors que la quarante-deuxième édition du festival consacre une part importante de sa programmation à ce pays, portrait de la création musicale sud-africaine, de ses fondateurs à ses figures essaimées.( photo : Michael Blake et Mantombi Matotiyana ©Vincent Pontet)

Entre le Festival d'Automne à Paris et l'Afrique du Sud, les affinités électives ne datent pas d'hier. Dès 1972, le festival inscrit comme l'un de ses principes fondateurs de faire connaître les cultures extra-européennes. Alors que la quarante-deuxième édition du festival consacre une part importante de sa programmation à ce pays, portrait de la création musicale sud-africaine, de ses fondateurs à ses figures essaimées.( photo : Michael Blake et Mantombi Matotiyana ©Vincent Pontet)

Comment, après la colonisation, après l'apartheid, libérer la musique savante, appelée en Afrique du Sud « art music », des liens dans lesquels l'avait emprisonnée la ségrégation ? Compositeur et fondateur de New Music Indaba où des artistes de toutes origines ont pu se rencontrer, Michael Blake a conçu un univers sonore expérimental, transcendant les barrières tout en affirmant une sud-africanité profonde. Aussi a-t-il conçu le Bow Project, invitant des compositeurs à transcrire et à s'imprégner de musiques rurales pour arc musical, avant de réunir au concert et au disque des cultures jadis cloisonnées. Ces oeuvres, ne cherchant pas à démarquer ou à imiter les traditions, mettent en évidence le potentiel de modernité que recèlent ces formes africaines, notamment celles qui sont jouées sur les arcs musicaux uhadi et umrhubhe dont Mantombi Matotiyana est une des virtuoses les plus accomplies.

Dans une oeuvre insaisissable et violente à l'occasion, Clare Loveday exprime les contradictions de l'Afrique du Sud, comme sa beauté.
Élève de Michael Blake et de Clare Loveday, Angie Mullins multiplie les réalisations multimédia, renouvelle les lieux d'exécution et joue des appositions d'un instrumentarium classique et de l'électronique. C'est à l'électronique aussi que Pierre-Henri Wicomb confiait l'exécution de ses premières oeuvres. Dans la complexité numérique comme dans l'improvisation, son monde sonore se montre tantôt délicat, tantôt rugueux. Né à Durban, aujourd'hui assistant à la Columbia University de New York, Andile Khumalo incarne un art aux frêles textures suspendues et désormais au-delà des frontières.
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