Mardi 7 mai 2013
Boléro
Une création hypnotique - Ballet de l'Opéra

« Émouvant, sensuel et poignant déshabillage, des longues capes noires majestueuses aux combinaisons brodées, je me suis laissé transporter par ce tourbillon de beauté et de raffinement », « totalement hypnotique, envoûtant, pénétrant, magnétique, d'une puissance d'attraction inouïe », « on aurait dit que les danseurs dansaient sur l'eau », « ce Boléro revisité est une merveille à l'état pur » : sur les réseaux sociaux, votre enthousiasme ne désemplit pas pour évoquer le Boléro chorégraphié par Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet pour le Ballet de l'Opéra...


Les deux chorégraphes donnent du chef-d'œuvre musical de Maurice Ravel une interprétation exaltée et spirituelle. Pour Rosita Boisseau (Le Monde), la création est « Une tempête électrique. Un cyclone gestuel. ».


« Cette musique comporte un aspect compact, proche de la transe tout en étant totalement conceptuelle. Comme nous créons à deux, nous avons cherché une énergie qui circule entre les danseurs à partir d'une sorte de binôme qui donne à voir un ensemble, une image unique générée par deux danseurs qui tourbillonnent l'un autour de l'autre. » Sidi Larbi Cherkaoui. « Proche de la transe », obsessionnelle, la musique de Ravel est également sensuelle, une dimension que les Boléro de Ida Rubinstein et de Maurice Béjart avaient soulignée et que les deux chorégraphes ont exprimée à leur tour: « Une de nos sources d'inspiration fait référence au Banquet de Platon et a l'expression du désir amoureux comme quête de la moitie perdue. Il s'agit donc de fusion, du magnétisme qui attire les êtres entre eux ainsi que le vide entre deux personnes qui ne peut être comble mais crée un entre-deux, un endroit ou l'on ne peut aller. » Damien Jalet.


À Lire : Entrez dans la transe, entretien avec Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet


La scénographie du Boléro a été conçue par la plasticienne Marina Abramovic, grande figure de l'art corporel. Projections de cercles concentriques, fumigènes, abandon des corps, l'image fantasmagorique est décuplée par des miroirs qui donnent une dimension astrale à la scène. « Un immense miroir, placé sur le plateau, et le jeu de lumières, (...) créent l'illusion que les danseurs flottent au centre de milliers d'étoiles. Les repères sont brouillés : on ne sait plus où se trouvent le haut, le bas, la droite et la gauche. » Marina Abramovic


À Lire : Sur le volcan, entretien avec Marina Abramovic


Quant aux costumes, leur conception a été confiée au directeur artistique de la maison Givenchy, Riccardo Tisci. « J'ai souhaité que les danseurs se sentent comme nus. Ils portent des combinaisons seconde peau de couleur nude en tulle rebrodé de dentelle ivoire formant un squelette. Au fur et à mesure de la chorégraphie, ils se débarrassent de leurs vêtements tels des animaux ou des fleurs qui perdent leurs pétales. Les danseurs deviennent des squelettes animés, forts et fragiles à la fois.» « Sombre et romantique », telle est la signature de ces costumes qui renvoient à la fois à une image spectrale de la mort et à une évocation céleste.  Les capes noires tombent pour dévoiler des robes qui volent au gré des mouvements des corps et de la musique. Puis, libérés de leurs voiles diaphanes, les danseurs ne sont plus que des squelettes tourbillonnants, sensuels et funèbres, jusqu'à l'extase finale, et la conclusion apocalyptique.


Aurélie Dupont, Marie-Agnès Gillot, Muriel Zusperreguy, Alice Renavand, Letizia Galloni, Jérémie Bélingard, Vincent Chaillet, Marc Moreau, Alexandre Gasse, Daniel Stokes et Adrien Couvez forment l'équipe des onze danseurs de ce Boléro hypnotique. 

 

 


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