Trois questions à Sophie KochRécital à l'Amphithéâtre vendredi 4 novembre 2011
Éblouissante Vénus de Tannhäuser à l'Opéra Bastille, Sophie Koch sera à l'Amphithéâtre le 4 novembre prochain pour un récital en compagnie du pianiste François-Frédéric Guy. Entretien entre deux actes.
PARALLÈLEMENT À TANNHÄUSER SUR LA SCÈNE DE L’OPÉRA BASTILLE, VOUS CONSACREZ À L’AMPHITHÉÂTRE UN RÉCITAL À WAGNER ET À LISZT : DEUX CADRES TRÈS DIFFÉRENTS...
Je vais vous surprendre : il est pour moi beaucoup plus impressionnant de chanter dans une petite salle, sans mise en scène, tout proche du public, que sur la grande scène de Bastille. À l’opéra, le public est lointain : c’est une entité.
À l’Amphithéâtre, en revanche, ce sont des individus que je vois sourire, être absorbés, écrire même : lors d’un concert, il m’a semblé voir un journaliste écrire sa critique en direct (rires). Mais il faut dépasser cette timidité qui nous pousserait à vouloir chanter derrière le rideau. Passée l’appréhension, il est très agréable d’apprivoiser cet espace intime, de voir les spectateurs recevoir la musique. Le récital me permet de m’isoler avec de courtes pièces qui présentent une palette de couleurs particulièrement riche. Je peux m’attacher à des sons que le public ne percevrait pas sur une scène d’opéra.
LISZT AU PIANO EST VIRTUOSE ET DÉBORDANT. QUELLE PLACE MÉNAGE-T-IL AU TEXTE ET À LA VOIX DANS SES MÉLODIES ET LIEDER ?
Lorsque je chante ses mélodies sur des poèmes de Victor Hugo, j’oublie que Liszt n’est pas français, tant sa prosodie est naturelle, tant sa musique se marie harmonieusement au texte dont elle souligne les mots essentiels. Quant à ses lieder, il sait y créer des atmosphères particulièrement envoûtantes. C’est frappant dans les grandes fresques comme la Lorelei, d’après le poème d’Heinrich Heine, un lied dramatique avec une partie récitatif très importante. Dans cette légende de la nymphe qui charme les marins, on a l’impression de voir le Rhin, de sentir l’eau... Comme dans les lieder les plus accomplis de Schubert, on est ici plongé dans une véritable petite scène d’opéra. À ceci près que je ne joue pas. Je dirais plutôt que je suis peintre : j’utilise des couleurs pour peindre un paysage. Tout l’art du lied est là : en quelques mesures, en quelques sons, créer un univers, faire un voyage avec le public. J’ai pour cela la chance de travailler avec des pianistes comme François-Frédéric Guy, Nelson Goerner ou Bertrand Chamayou. Ce sont des amoureux du chant qui savent accompagner la voix sans jamais la couvrir. Sur scène, nous sommes dans le même univers.
À LA FIN DU RÉCITAL, VOUS RETROUVEZ WAGNER POUR LES WESENDONCK-LIEDER : L’UNE DES RARES OCCASIONS DE SA CARRIÈRE OÙ LE COMPOSITEUR AMOUREUX S’ESSAYA AU LIED...
Ces mélodies ont un caractère très intime. L’accompagnement au piano leur donne un aspect nu, diaphane. Que les textes ne soient pas de Wagner, mais de Mathilde Wesendonck, n’est pas la moindre de leurs singularités. En les chantant, il me semble sentir la main de l’amante : ce style quelque peu apprêté, ces métaphores surprenantes, cet univers irrationnel. Mais la musique de Wagner sait parfaitement mettre en valeur cette poésie qui n’est pas d’un poète : de la part d’un compositeur qui tenait tant à écrire les livrets de ses opéras, on imagine que c’était un immense cadeau qu’il lui faisait, une déclaration d’amour. Pour autant, les Wesendonck-Lieder ne sont pas coupés du reste de son œuvre : ils contiennent en germe une vision de l’amour et des thèmes musicaux qui seront développés dans Tristan et Isolde, des rythmes qui seront repris dans Parsifal. Ce sont de petits chefs-d’œuvre dans la carrière de Wagner.
PROPOS RECUEILLIS PAR SIMON HATAB
Fermer
En vidéo / La Source
Extraits du spectacle
Extraits de la nouvelle création du Ballet de l'Opéra, à l'affiche du Palais Garnier du 22 octobre au 12 novembre 2011.
En vidéo / La Source - Chapitre IV
Décors et costumes
Dernier épisode consacré aux costumes de Christian Lacroix et aux décors d'Eric Ruf : le chorégraphe Jean-Guillaume Bart et le dramaturge Clément Hervieu-Léger vous ouvrent les portes des coulisses et des ateliers de costumes de la nouvelle création du Ballet de l'Opéra.
En vidéo / La Source - Chapitre III
Chorégraphie
Troisième épisode consacré à la chorégraphie : le chorégraphe Jean-Guillaume Bart et le dramaturge Clément Hervieu-Léger vous invitent dans les coulisses de la nouvelle création du Ballet de l'Opéra.
En vidéo / La Source - Chapitre II
Musique
Deuxième épisode consacré à la partition de Léo Delibes et Ludwig Minkus. Le chorégraphe Jean-Guillaume Bart et le dramaturge Clément Hervieu-Léger vous invitent dans les coulisses de la nouvelle création du Ballet de l'Opéra.
En vidéo / La Source - Chapitre I
Livret et dramaturgie
Le chorégraphe Jean-Guillaume Bart et le dramaturge Clément Hervieu-Léger vous invitent dans les coulisses de la nouvelle création du Ballet de l'Opéra. Au Palais Garnier du 22 octobre au 12 novembre 2011.
En vidéo / Laura Aikin
« Je vis Lulu comme l'expression artistique absolue »
Entretien avec Laura Aikin qui chante le rôle-titre de Lulu d'Alban Berg à l'Opéra Bastille du 18 octobre au 5 novembre 2011.
La Source au cinémaVendredi 4 novembre à 19h30
Le vendredi 4 novembre, vous pourrez assister à 19h30, dans un cinéma près de chez vous, à la création pour le Ballet de l'Opéra de Paris : La Source de Jean-Guillaume Bart, diffusée en direct depuis le Palais Garnier.
Diaporama / Dans les coulisses de La Source
La nouvelle création du Ballet de l'Opéra
En vidéo / Lulu mise à mort !
Découvrez un extrait du finale macabre de Lulu d'Alban Berg à l'affiche de l'Opéra Bastille du 18 octobre au 5 novembre 2011. Avec Laura Aikin (Lulu), Jennifer Larmore (Gräfin Geschwitz), Wolfgang Schöne (Jack)
Les nouveaux solistes de l'Atelier Lyrique
Concert jeudi 20 octobre à 13h au Studio Bastille
L'Atelier Lyrique de l'Opéra national de Paris présentera ses nouveaux solistes lors d'un concert donné au Studio Bastille ce jeudi 20 octobre à 13h : l'occasion de découvrir ces nouvelles recrues qui mêleront leur talent à celui des anciens pour les opéras et concerts de la saison 2011-2012.
Depuis 2005, ce programme de perfectionnement, dirigé par Christian Schirm, rassemble de jeunes chanteurs et chefs de chant avec ce double objectif : les confronter à l'expérience de la scène et les faire connaître du public par des concerts et des spectacles.
En vidéo / Lulu
Alban Berg
Extraits de Lulu d'Alban Berg présentés par Christophe Ghristi (Directeur de la Dramaturgie).A l'affiche de l'Opéra Bastille du 18 octobre au 5 novembre 2011.
à écouter / « Pace, pace... »
Visages et voix de Leonora
Le programme de salle de La Force du destin rend hommage, à travers une série de portraits, à quelques unes des grandes interprètes du rôle de Leonora. En attendant de découvrir notre nouvelle production - à l'Opéra Bastille du 14 novembre au 17 décembre et le 8 décembre au cinéma - nous vous proposons de (ré)entendre quatre de ces voix de légende interprétant Pace, pace... (acte IV)
ROSA PONSELLE
| META SEINEMEYER
|
RENATA TEBALDI
(Voir l'extrait vidéo ci-dessus) | DUSOLINA GIANNINI
|
CRÉDITS
Photographies
Rosa Ponselle au Metropolitan Opera avec Enrico Caruso et José Mardones - Coll. part.
Meta Seinemeyer - Coll. part.
Renata Tebaldi - Coll. part.
Dusolina Giannini - Coll. part.
Audio
Rosa Ponselle - 1928
Meta Seinemeyer - 1927
Dusolina Giannini - 1928
Renata Tebaldi - Teatro San Carlo di Napoli - 1958 - RAI Telecast (C)
Fermer
Faust à la télévision et au cinéma
Dans le cadre d’une politique audiovisuelle visant à faciliter l’accès à la culture pour tous, Faust sera diffusé le lundi 10 octobre à 19h30 dans les salles de cinéma en France et à l'étranger et sur France 3 à 20h35.
Liste des salles en France :
ARPAJON - Cinéma STARS
TROYES - Ciné City
CHATEAU THIERRY - Cinéma Théâtre
CHALONS EN CHAMPAGNE - Majestic Champagne
LONGWY - Utopolis
PLENEUF VAL ANDRE - La Rotonde
PARIS - L'AUDITORIUM DU LOUVRE
PARIS - Le BALZAC
PARIS - l'ARLEQUIN
CANNES - LES ARCADES
Télécharger la liste des salles en Europe
Fermer
En vidéo / Olga Neuwirth
au Palais Garnier
Le concert Olga Neuwirth au Palais Garnier, le 24 octobre prochain, sera l'un des temps forts du Festival d'Automne à Paris. En 2008, le réalisateur Yan Proefrock avait tracé le portrait de cette compositrice en un film aussi concis qu'éclairant : en filmant Olga Neuwirth au travail, en s'immergeant totalement dans son univers sonore, il parvient à saisir cette énergie unique qui fait la singularité de son écriture et de sa personnalité. Portrait en 5 minutes et 10 secondes d'une compositrice devenue incontournable.














