The Concert
Hommage à Jerome Robbins au Palais Garnier
A l'affiche du Palais Garnier du 21 avril au 8 mai, cette soirée de ballets révèle différentes facettes, tour à tour jazzy, élégiaques ou cocasses, de l’art de Jerome Robbins. The Concert, dont vous pouvez voir un extrait ci-contre, s'inscrit dans la veine des rares ballets comiques de l'histoire de la danse. Sur la musique de Chopin, le chorégraphe de West Side Story saisit le prétexte d'un récital de piano pour mettre à nu la vulnérabilité humaine avec un humour irrésistible.
Billy Budd ou l'innocence corrompue
L'oeuvre de Benjamin Britten à l'affiche de l'Opéra Bastille
Parabole sur le bien et le mal, le désir et son refoulement, Billy Budd fait partie des chefs-d'oeuvre de Benjamin Britten et de l'opéra du XXe siècle. Avec L'Indomptable, son vaisseau gigantesque, il revient du 24 avril au 15 mai sur la scène de l'Opéra Bastille, dans la production de Francesca Zambello qui avait obtenu le prix du syndicat de la critique musicale lors de sa création.
La nouvelle de Melville met en scène un jeune et beau marin, Billy Budd, sorte d’ange qui exerce une fascination sur tous les autres personnages, et que le maître d’armes Claggart prend en haine, à cause, justement, de sa beauté et de sa bonté, au point de l’accuser de fomenter une mutinerie. Billy, que ses compagnons d’équipage appellent « bébé », finit par tuer accidentellement Claggart et est condamné à être exécuté, sous le regard indécis de Vere, le capitaine du bateau, qui est pourtant convaincu de l’innocence du jeune homme. A n’en pas douter, c’est d’abord la dimension homosexuelle du récit qui fascina aussi bien Forster que Britten, tous deux homosexuels ainsi que leurs amis Auden et Isherwood. Car dans le texte de Melville, si Claggart voue une telle haine à Billy, c’est bien sûr parce qu’il se sent irrésistiblement attiré par sa beauté. Quant à l’intellectuel Vere, s’il éprouve des passions moins violentes, il rêve de Billy « nu (…) comme posant pour une statue de jeune Adam ».
Forster, Britten et Crozier reprirent donc cette dimension et la mirent en avant aussi loin qu’il était possible de le faire à l’époque. Mais pour d’évidentes raisons de censure et parce qu’ils ne souhaitaient pas que leur œuvre soit réduite à un seul niveau d’interprétation, ils l’inscrivirent dans la parabole philosophique et morale que Melville mettait déjà en scène et qui faisait écho aux préoccupations du compositeur, puisqu’elle nourrit toute son œuvre, depuis Peter Grimes jusqu’à Mort à Venise : celle de l’innocence aux prises avec un environnement hostile, des forces du Bien corrompues par celles du Mal (avec l’idée toute platonicienne que le Beau ne peut être que du côté du Bon, qu’un beau corps ne peut refléter qu’une belle âme). Ainsi le vaisseau sur lequel se déroule l’histoire devient-il un microcosme de la société où les puissances antagonistes s’affrontent. Et le parcours de Billy, qui est pris de bégaiement lorsqu’il se sent accusé et ne peut donc plus se défendre, s’apparente même à celui du Christ, qui prend sur lui les fautes de l’humanité et accepte son exécution pour sauver le monde et les hommes.
Sur le plan musical, Billy Budd fait appel à un des plus grands effectifs orchestraux jamais utilisé par Benjamin Britten, si l’on excepte le War Requiem. Compte tenu du sujet, elle a la particularité de ne recourir qu’à des voix masculines, ce qui pourrait engendrer une certaine monotonie, si Britten, grâce à une écriture infiniment sensible et subtile, ne savait modifier les ambiances et les sentiments. La vie sur le bateau et l’atmosphère de claustrophobie qui y règne, en particulier, sont magnifiquement rendues. Mais Britten, dont l’écriture si personnelle est nourrie de références à Purcell, au folklore anglais, aussi bien qu’à Verdi ou Debussy, sait trouver la solution musicale qui s’adapte à chaque situation. A cet égard, l’air de « Billy aux fers », juste avant son exécution, incroyablement juste et simple, est un des moments les plus émouvants de la partition.
PATRICK SCEMAMA
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Choc Classica pour l'OrchestreEine Alpensinfonie dirigée par Philippe Jordan
Le 14 novembre dernier, Philippe Jordan dirigeait à l'Opéra Bastille la Symphonie alpestre de Richard Strauss : une soirée particulière pour le chef qui retrouvait pour la première fois l'Orchestre depuis sa nomination au poste de Directeur musical. Ce concert a fait l'objet d'un enregistrement produit par l'Opéra national de Paris et capté par les micros de France Musique. Le disque, coédité par Naïve, et dont vous pouvez écouter un extrait ci-dessous, vient de se voir décerner un Choc par le magazine Classica : l'occasion de vivre ou revivre cet instant de grâce...
Symphonie alpestre (Lever du soleil)
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"La Symphonie alpestre de Strauss ne figurait pas par hasard au programme de mon premier concert de Directeur musical à la tête de l'Orchestre de l'Opéra national de Paris : cette mise en musique d'une journée passée sur les hauteurs marque le début d'un voyage. Et c'était bien mon sentiment, alors que nous préparions ce concert : celui d'une première fois. Cette oeuvre grandiose résume tout l'art de l'orchestre occidental : nous aurions pu la choisir comme aboutissement mais nous avons préféré en faire un commencement, et je suis heureux de cette audace et de cet enthousiasme partagés avec l'Orchestre. Elle nous introduit aussi idéalement à cet anneau du Nibelung de Richard Wagner, qui est notre premier projet d'opéra commun. Je suis heureux que ce document inaugural, enregistré en public et témoignage spontané d'une première rencontre, puisse être publié par Naïve."
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Siddharta à l'Opéra Bastille
Découvrez la nouvelle création du Ballet de l'Opéra
Découvrez la nouvelle création d'Angelin Preljocaj pour le Ballet de l'Opéra, à l'affiche de l'Opéra Bastille du 18 mars au 11 avril. Sur la musique de Bruno Mantovani et dans les espaces scénographiques conçus par Claude Lévêque, le chorégraphe traduit la quête initiatique de celui qui deviendra Bouddha.
Le Calme des puissances jeudi 25 mars 2010 à l'Amphithéâtre Bastille
Assurément l'un des pianistes les plus sensibles de sa génération, Romain Descharmes interprète à l'Amphithéâtre des oeuvres de Fénelon, Scriabine, Ravel et Chabrier : un écho au Faust donné en ce moment sur la scène du Palais Garnier.
Né en 1980, Romain Descharmes étudie le piano, la musique de chambre et l'accompagnement vocal au Conservatoire de Paris. En 2006, il remporte le Premier Prix du Concours International de Dublin. Il se produit en récital sur les scènes prestigieuses du Carnegie Hall à New York, du Wigmore Hall à Londres, du National Concert Hall à Dublin, du Minato Mirai Hall à Yokohama et du Tsuda Hall à Tokyo. Il accompagne le Midland Symphony Orchestra, le National Symphony Orchestra of Ireland, l’Orchestra del Lazio ainsi que le Shanghai Philarmonic Orchestra, le Berliner Philarmoniker Quintett et l'Ensemble Court-Circuit. Il a enregistré des disques consacrés à Brahms, à Ravel, et aux compositeurs du début du XXème siècle, pour lequel il a bénéficié des conseils de Pierre Boulez.
Lors de ce récital, la Sonate n°5 de Scriabine, Quatre Pièces pittoresques de Chabrier et La Valse de Ravel feront escorte au Calme des puissances, la pièce de Philippe Fénelon donnée en écho à son Faust actuellement à l'affiche du Palais Garnier. "Le Calme des puissances, pour piano, est composé d’un seul grand mouvement où l’on remarque avant tout la succession de fragments très diversifiés qui développe la dramaturgie de l’œuvre. Si la matière musicale semble saisissable, car elle procède par association historique, le potentiel technique du piano permet de dépasser cette simple évocation. L’enchaînement rapide des opérations de l’écriture - répétitions, inversions, quadrillage, brouillages de mesures, mouvements entrecroisés… - en est l’élément principal. De la plus petite unité à la plus grande, l’angle selon lequel l’œuvre est agencée donne le sujet de la pièce qui voyage selon une logique provoquée par le premier geste musical sous forme de deux accords. La diversité de l’agencement des motifs reliés entre eux par des constructions symétriques, apparemment semblables, donnent ainsi l’essor à des dynamiques et des chants extrêmes pour styliser les traces des puissances harmonieuses." (PHILIPPE FENELON)
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Faust de Philippe Fénelon au Palais Garnier
Le compositeur présente son opéra
Philippe Fénelon présente cet opéra, à l'affiche du Palais Garnier du 17 au 31 mars. Du diable Méphistophélès à l'impossible quête de la vérité du héros, découvrez comment le metteur en scène Pet Halmen traduit ce mythe fondateur de notre culture occidentale en fulgurantes images scéniques.
Bruno Mantovani entre rock'n'roll et féerie
Création de Siddharta à l'Opéra Bastille
Après avoir créé son premier opéra pour l'Opéra du Rhin, et en attendant la création mondiale d'Akhmatova la Saison prochaine, Bruno Mantovani signe la partition de Siddharta, sur une chorégraphie d'Angelin Preljocaj, à l'affiche de l'Opéra Bastille du 18 mars au 11 avril.
Entretien avec Philippe Fénelon
Autour de Faust
Plusieurs convergences autour des représentations du Faust de Philippe Fénelon : un concert au Palais Garnier le 21 mars avec les Solistes de l'Atelier Lyrique, un récital du pianiste Romain Descharmes le 25 mars à l'Amphithéâtre et un atelier de composition sous la direction du compositeur lui-même et d'Emmanuel Reibel. Philippe Fénelon nous ouvre les portes de son univers musical.
Le site de l'Opéra victime de son succèsLe site de l'Opéra rencontre actuellement un grand succès de fréquentation. Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour les éventuels ralentissements que vous pourriez rencontrer lors de votre consultation.
Tournée du Balletau Japon
Après Le Parc d'Angelin Preljocaj présenté la saison dernière, le Ballet de l'Opéra de Paris revient au Japon avec dans ses malles deux grands ballets du répertoire : Cendrillon de Rudolf Noureev et Giselle d'après Jean Coralli et Jules Perrot. Les Etoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet se déploieront du 12 au 21 mars sur la scène du Théâtre Bunkai Kaikan de Tokyo.















