Archives - Saison 2009-2010
mai 2010
Lundi 31 mai 2010
Diaporama / Régine Crespin Diaporama / Régine Crespin

Photographies, correspondance, partitions autographes, Régine Crespin a légué beaucoup de ses archives personnelles à la Bibliothèque-Musée de l'Opéra. A travers l'exposition qui se tient au Palais Garnier du 19 juin au 15 août 2010, l'Opéra national de Paris et la Bibliothèque nationale de France rendent hommage à la grande cantatrice.

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La carrière de la petite Nîmoise s’ouvre par les éliminatoires locales du Concours des plus belles voix de France, qui la conduit d’abord à Marseille, puis à la finale parisienne de 1947. La victoire lui ouvre alors les portes du Conservatoire, puis de sa première scène à Reims où elle interprète Charlotte dans Werther en janvier 1949. Au milieu de cette carrière entamée en province, elle remporte le premier prix de chant du Conservatoire. En 1951, elle est engagée par la Réunion des théâtres lyriques nationaux et fait ses débuts à l’Opéra-Comique dans le rôle de Tosca le 27 juin. C’est tout un répertoire à la fois allemand (Lohengrin, La Walkyrie, Parsifal, Le Chevalier à la rose, Obéron), italien (Otello, Le Trouvère, Tosca, Cavalleria rusticana), russe (Boris Godounov), français (Faust, La Damnation de Faust, Werther, Hérodiade, Sigurd, la création française de Dialogues des carmélites), ainsi que quelques Mozart, qu’elle présente encore en français sur les scènes lyriques françaises.

Elle fait ses débuts à l’étranger le 28 mai 1956 dans le rôle de Desdémone à Bilbao. Ses engagements sur les plus grandes scènes internationales se multiplient à partir de 1958, où elle est engagée à Bayreuth pour interpréter Kundry, qu’elle chante en allemand. Suivent en 1959 La Walkyrie à Barcelone puis Vienne, Le Trouvère à Lisbonne, Le Chevalier à la rose (en allemand) à Glyndebourne, Fedra à Milan. Sa carrière internationale prend alors le pas sur ses succès français et c’est à New York, San Francisco et surtout Buenos Aires qu’elle connaît sa plus grande gloire. Elle écrit plaisamment que si ses collègues italiennes viennent à Paris chanter leur répertoire national, elle prend plus de risques en allant chez elles chanter le leur.


Elle fait partie de la première génération à chanter les livrets dans leur langue originale et elle est particulièrement attachée au répertoire de mélodies, auquel elle consacre de nombreux récitals et enregistrements dont Les Nuits d’été de Berlioz constituent un sommet. Obstinée et audacieuse, elle n’hésite pas à apprendre de nouveaux rôles jusqu’à la fin de sa carrière : Carmen en 1975, La Grande Duchesse de Gerolstein puis, en même temps que sa voix change et s’assombrit, Mme de Croissy de Dialogues des carmélites et enfin la Comtesse de La Dame de pique, rôle dans lequel elle fait ses adieux sur la scène du Palais des Congrès en 1989. Retirée de la scène, elle poursuit son activité de professeur de chant, autre rôle qu’elle prend très à cœur depuis de nombreuses années déjà.


Les archives conservées à la Bibliothèque-musée de l’Opéra (manuscrits de ses mémoires, press-books, contrats, partitions, programmes, photographies, distinctions, affiches…) couvrent toute sa carrière depuis ses premiers engagements. Les partitions annotées vont de celles de l’élève Régine à celles du professeur Crespin. Les photographies dressent aussi le portrait d’une femme simple à la ville, qui entendait profiter de la vie, mais aussi d’une diva munie de tous ses atours, trop cultivés d’ailleurs pour être pris totalement au sérieux. Les dossiers de presse illustrent, outre tous les jalons de sa carrière, le malin plaisir qu’elle a à jouer de son image : donnant son nom à une rose, paradant dans une robe haute couture de Christian Lacroix, riant avec son homonyme de cabaret, projetant de former un duo cinématographique avec Louis de Funès, recevant l’hommage des chefs d’État comme elle reçoit à présent le nôtre.

PIERRE VIDAL - Directeur de la Bibliothèque-musée de l’Opéra national de Paris


EXPOSITION DE L'OPERA NATIONAL DE PARIS ET DE LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE   Logo BNF


A l'occasion de cette exposition, l'Opéra de Paris publie en collaboration avec Actes Sud un hommage en images à Régine Crespin : plus de 120 photographies réunies pour la première fois (et souvent inédites) retracent sa vie et sa carrière, depuis son enfance jusqu'à ses adieux à la scène.